{"id":627,"date":"2025-09-01T10:45:36","date_gmt":"2025-09-01T08:45:36","guid":{"rendered":"https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/?p=627"},"modified":"2025-09-01T10:50:58","modified_gmt":"2025-09-01T08:50:58","slug":"ecrire-pour-ne-pas-sombrer-art-therapie-partie-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/?p=627","title":{"rendered":"\u00c9crire pour ne pas sombrer (Art th\u00e9rapie partie 1)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-family: courier new, courier, monospace;\">Cet article ouvre une s\u00e9rie en plusieurs volets consacr\u00e9e \u00e0 un th\u00e8me qui m\u2019est cher : le r\u00f4le de l\u2019art dans le processus de gu\u00e9rison.\u00a0Depuis plus de trente ans, l\u2019\u00e9criture m\u2019accompagne, m\u2019aide \u00e0 mettre des mots sur mes maux, \u00e0 traverser les \u00e9preuves et \u00e0 me reconstruire.<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-family: courier new, courier, monospace;\">Pour enrichir ce voyage, je m\u00e8ne ces articles avec la participation de Julie Morin, art-th\u00e9rapeute certifi\u00e9e, qui partagera son regard professionnel et personnel sur la fa\u00e7on dont la cr\u00e9ation peut transformer nos vies. Que vous d\u00e9couvriez cette s\u00e9rie par ce premier article ou que vous suiviez d\u00e9j\u00e0 chaque \u00e9tape, laissez-vous porter : l\u2019art est parfois la plus douce des m\u00e9decines.<\/span><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1138\" data-end=\"1165\">Quand tout a commenc\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1166\" data-end=\"1593\">Comme beaucoup d\u2019adolescents, j\u2019\u00e9tais mal dans ma peau. On se cherche, on se d\u00e9couvre, on tente de se trouver, mais souvent on a l\u2019impression de ne pas \u00eatre compris, \u00e9cout\u00e9, soutenu. Alors on d\u00e9prime, on se sent triste. Et souvent, comme beaucoup, on \u00e9crit. Des po\u00e8mes. Un journal intime. \u00c0 qui on confie nos peurs, nos doutes, nos joies, nos tristesses, nos espoirs, notre d\u00e9sespoir. Chacun avec ses raisons, toutes l\u00e9gitimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1595\" data-end=\"1930\">Pour moi, les raisons sont vite devenues vitales. Aussi loin que je me souvienne, je ne me suis jamais senti heureux dans ma famille. A\u00een\u00e9 d\u2019une fratrie, je devais montrer l\u2019exemple. On me le r\u00e9p\u00e9tait sans cesse. Et forc\u00e9ment, c\u2019est moi qui prenais. Mes s\u0153urs en profitaient. J\u2019\u00e9tais celui qui devait encaisser, celui qui devait tenir.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1937\" data-end=\"1954\">La fracture<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1955\" data-end=\"2398\">L\u2019\u00e9criture s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 moi \u00e0 l\u2019adolescence, dans une p\u00e9riode o\u00f9 je portais un secret trop lourd : un abus sexuel incestueux. Ou plut\u00f4t devrais-je dire un viol incestueux. J\u2019ai fini par le r\u00e9v\u00e9ler lors d\u2019une s\u00e9ance avec un psychologue, en pr\u00e9sence de ma m\u00e8re. Mais ce fut une nouvelle violence. Elle ne m\u2019a pas cru. Elle m\u2019a r\u00e9pondu : <em data-start=\"2293\" data-end=\"2349\">\u00ab \u00c0 cet \u00e2ge-l\u00e0 on ne pense pas \u00e0 ce genre de choses \u00bb. <\/em>On m\u2019a demand\u00e9 de me taire. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"2400\" data-end=\"2608\">\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, j\u2019ai d\u00e9couvert que celui que j\u2019appelais \u201cpapa\u201d n\u2019\u00e9tait pas mon p\u00e8re. L\u2019homme qui m\u2019\u00e9levait m\u2019infligeait brimades, coups, humiliations et privations. Je l\u2019ai ha\u00ef autant que j\u2019en ai eu peur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"2610\" data-end=\"2769\">Alors il ne me restait plus qu\u2019un refuge : l\u2019\u00e9criture. Et la musique. Un espace o\u00f9 je pouvais m\u2019exprimer sans crainte d\u2019\u00eatre jug\u00e9, ni d\u2019\u00eatre r\u00e9duit au silence.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\" data-start=\"2776\" data-end=\"2807\">L\u2019\u00e9criture comme exutoire<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"2808\" data-end=\"3125\">L\u2019\u00e9criture m\u2019a toujours permis de poser des maux sur les mots. Souvent, j\u2019\u00e9crivais d\u2019une traite, sans discontinuer, laissant couler la col\u00e8re et la douleur. Chaque texte \u00e9tait une soupape, un cri muet. Et plus tard, en relisant mes cahiers, je pouvais analyser ce que j\u2019avais travers\u00e9, comprendre, dig\u00e9rer. Avancer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"3127\" data-end=\"3467\">Un jour, j\u2019ai os\u00e9 confier mes cahiers \u00e0 ma professeure de fran\u00e7ais. Elle m\u2019a avou\u00e9 avoir rarement lu autant de d\u00e9sespoir chez quelqu\u2019un d\u2019aussi jeune. Sur l\u2019une de mes pages, elle a laiss\u00e9 une note, citant les derniers vers de <em data-start=\"3354\" data-end=\"3377\">L\u2019H\u00e9autontimoroum\u00e9nos<\/em> de Baudelaire. Comme si mes mots r\u00e9sonnaient avec cette figure du \u201cbourreau de soi-m\u00eame\u201d.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"3127\" data-end=\"3467\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-656\" src=\"https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Art-Therapie-1-mini.jpg\" alt=\"Citation visuelle sur l'\u00e9criture\" width=\"400\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Art-Therapie-1-mini.jpg 400w, https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Art-Therapie-1-mini-300x300.jpg 300w, https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Art-Therapie-1-mini-150x150.jpg 150w, https:\/\/aucoeurdemesnuits.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Art-Therapie-1-mini-75x75.jpg 75w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\" data-start=\"3565\" data-end=\"3611\">De l\u2019adolescent \u00e0 l\u2019adulte hypersensible<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"3612\" data-end=\"3956\">Avec le temps, j\u2019ai compris que j\u2019\u00e9tais hypersensible, une v\u00e9ritable \u00e9ponge \u00e0 \u00e9motions. L\u2019\u00e9criture m\u2019a permis d\u2019accueillir ce trop-plein, de le transformer en mati\u00e8re, d\u2019en faire un passage plut\u00f4t qu\u2019un poids. Elle a \u00e9t\u00e9 l\u00e0 dans mes col\u00e8res sourdes, mes peurs, mes joies intenses. Elle m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 traverser mes nuits comme mes renaissances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"3958\" data-end=\"4190\">Aujourd\u2019hui, elle est toujours l\u00e0. Elle fait partie int\u00e9grante de moi. Fid\u00e8le, discr\u00e8te, infaillible. Compagne silencieuse, ancre, pilier. Un besoin vital. L\u2019\u00e9criture, pour moi, ce n\u2019est pas seulement un art. C\u2019est une respiration. C\u2019est ce qui m\u2019a emp\u00each\u00e9 de sombrer.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\" data-start=\"4197\" data-end=\"4226\">Conclusion et ouverture<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"4227\" data-end=\"4344\">Si l\u2019\u00e9criture m\u2019a sauv\u00e9 adolescent, elle continue de m\u2019accompagner adulte. Elle est \u00e0 la fois cicatrice et lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"4346\" data-end=\"4647\">Mais mon exp\u00e9rience personnelle n\u2019est qu\u2019une facette de ce vaste sujet. D\u00e8s le prochain article, intitul\u00e9\u00a0<em data-start=\"3354\" data-end=\"3377\">L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;art devient soin<\/em>, je donnerai la parole \u00e0 Julie Morin, art-th\u00e9rapeute certifi\u00e9e, pour comprendre ce qu\u2019est r\u00e9ellement l\u2019art-th\u00e9rapie et en quoi la cr\u00e9ation, sous toutes ses formes, peut devenir un chemin de gu\u00e9rison. Vous pouvez retrouver Julie Morin via son <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/artcotherapy\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">compte Instagram<\/a> ou sur son <a href=\"https:\/\/www.artcotherapy.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">site internet<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" data-start=\"4680\" data-end=\"4821\"><em>Et vous, avez-vous d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 refuge dans l\u2019\u00e9criture, le dessin, la musique ou une autre forme d\u2019art ?<br \/>\nQu\u2019est-ce que cela vous a apport\u00e9 ?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article ouvre une s\u00e9rie en plusieurs volets consacr\u00e9e \u00e0 un th\u00e8me qui m\u2019est cher : le r\u00f4le de l\u2019art dans le processus de gu\u00e9rison.\u00a0Depuis plus de trente ans, l\u2019\u00e9criture m\u2019accompagne, m\u2019aide \u00e0 mettre des mots sur mes maux, \u00e0 traverser les \u00e9preuves et \u00e0 me reconstruire. Pour enrichir ce voyage, je m\u00e8ne ces articles avec la participation de Julie Morin, art-th\u00e9rapeute certifi\u00e9e, qui partagera son regard professionnel et personnel sur la fa\u00e7on dont la cr\u00e9ation peut transformer nos vies. Que vous d\u00e9couvriez cette s\u00e9rie par ce premier article ou que vous suiviez d\u00e9j\u00e0 chaque \u00e9tape, laissez-vous porter : l\u2019art est parfois la plus douce des m\u00e9decines. &nbsp; Quand tout a commenc\u00e9 Comme beaucoup d\u2019adolescents, j\u2019\u00e9tais mal dans ma peau. On se cherche, on se d\u00e9couvre, on tente de se trouver, mais souvent on a l\u2019impression de ne pas \u00eatre compris, \u00e9cout\u00e9, soutenu. Alors on d\u00e9prime, on se sent triste. Et souvent, comme beaucoup, on \u00e9crit. Des po\u00e8mes. Un journal intime. \u00c0 qui on confie nos peurs, nos doutes, nos joies, nos tristesses, nos espoirs, notre d\u00e9sespoir. Chacun avec ses raisons, toutes l\u00e9gitimes. Pour moi, les raisons sont vite devenues vitales. Aussi loin que je me souvienne, je ne me suis jamais senti heureux dans ma famille. A\u00een\u00e9 d\u2019une fratrie, je devais montrer l\u2019exemple. On me le r\u00e9p\u00e9tait sans cesse. Et forc\u00e9ment, c\u2019est moi qui prenais. Mes s\u0153urs en profitaient. J\u2019\u00e9tais celui qui devait encaisser, celui qui devait tenir. La fracture L\u2019\u00e9criture s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 moi \u00e0 l\u2019adolescence, dans une p\u00e9riode o\u00f9 je portais un secret trop lourd : un abus sexuel incestueux. Ou plut\u00f4t devrais-je dire un viol incestueux. J\u2019ai fini par le r\u00e9v\u00e9ler lors d\u2019une s\u00e9ance avec un psychologue, en pr\u00e9sence de ma m\u00e8re. Mais ce fut une nouvelle violence. Elle ne m\u2019a pas cru. Elle m\u2019a r\u00e9pondu : \u00ab \u00c0 cet \u00e2ge-l\u00e0 on ne pense pas \u00e0 ce genre de choses \u00bb. On m\u2019a demand\u00e9 de me taire. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, j\u2019ai d\u00e9couvert que celui que j\u2019appelais \u201cpapa\u201d n\u2019\u00e9tait pas mon p\u00e8re. L\u2019homme qui m\u2019\u00e9levait m\u2019infligeait brimades, coups, humiliations et privations. Je l\u2019ai ha\u00ef autant que j\u2019en ai eu peur. Alors il ne me restait plus qu\u2019un refuge : l\u2019\u00e9criture. Et la musique. Un espace o\u00f9 je pouvais m\u2019exprimer sans crainte d\u2019\u00eatre jug\u00e9, ni d\u2019\u00eatre r\u00e9duit au silence. L\u2019\u00e9criture comme exutoire L\u2019\u00e9criture m\u2019a toujours permis de poser des maux sur les mots. Souvent, j\u2019\u00e9crivais d\u2019une traite, sans discontinuer, laissant couler la col\u00e8re et la douleur. Chaque texte \u00e9tait une soupape, un cri muet. Et plus tard, en relisant mes cahiers, je pouvais analyser ce que j\u2019avais travers\u00e9, comprendre, dig\u00e9rer. Avancer. Un jour, j\u2019ai os\u00e9 confier mes cahiers \u00e0 ma professeure de fran\u00e7ais. Elle m\u2019a avou\u00e9 avoir rarement lu autant de d\u00e9sespoir chez quelqu\u2019un d\u2019aussi jeune. Sur l\u2019une de mes pages, elle a laiss\u00e9 une note, citant les derniers vers de L\u2019H\u00e9autontimoroum\u00e9nos de Baudelaire. Comme si mes mots r\u00e9sonnaient avec cette figure du \u201cbourreau de soi-m\u00eame\u201d. De l\u2019adolescent \u00e0 l\u2019adulte hypersensible Avec le temps, j\u2019ai compris que j\u2019\u00e9tais hypersensible, une v\u00e9ritable \u00e9ponge \u00e0 \u00e9motions. L\u2019\u00e9criture m\u2019a permis d\u2019accueillir ce trop-plein, de le transformer en mati\u00e8re, d\u2019en faire un passage plut\u00f4t qu\u2019un poids. Elle a \u00e9t\u00e9 l\u00e0 dans mes col\u00e8res sourdes, mes peurs, mes joies intenses. Elle m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 traverser mes nuits comme mes renaissances. Aujourd\u2019hui, elle est toujours l\u00e0. Elle fait partie int\u00e9grante de moi. Fid\u00e8le, discr\u00e8te, infaillible. Compagne silencieuse, ancre, pilier. Un besoin vital. L\u2019\u00e9criture, pour moi, ce n\u2019est pas seulement un art. C\u2019est une respiration. C\u2019est ce qui m\u2019a emp\u00each\u00e9 de sombrer. Conclusion et ouverture Si l\u2019\u00e9criture m\u2019a sauv\u00e9 adolescent, elle continue de m\u2019accompagner adulte. Elle est \u00e0 la fois cicatrice et lumi\u00e8re. Mais mon exp\u00e9rience personnelle n\u2019est qu\u2019une facette de ce vaste sujet. D\u00e8s le prochain article, intitul\u00e9\u00a0L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;art devient soin, je donnerai la parole \u00e0 Julie Morin, art-th\u00e9rapeute certifi\u00e9e, pour comprendre ce qu\u2019est r\u00e9ellement l\u2019art-th\u00e9rapie et en quoi la cr\u00e9ation, sous toutes ses formes, peut devenir un chemin de gu\u00e9rison. Vous pouvez retrouver Julie Morin via son compte Instagram ou sur son site internet. 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