Mordre la nuit
La pièce était déjà trop petite pour ce qui montait entre eux.
Clara était appuyée contre la table, les mains posées derrière elle, le regard brûlant. Théo s’approcha sans se presser, comme un animal qui sait qu’il n’a pas besoin de courir.
— Tu joues avec moi, murmura-t-il.
— Peut-être.
Il posa ses mains sur sa taille. Pas doucement. Fermement. Comme pour vérifier qu’elle était bien là, bien réelle. Clara inspira plus fort quand ses doigts glissèrent lentement le long de ses hanches. Leurs bouches se rencontrèrent avec une urgence sourde. Le baiser était profond, presque brutal. Clara lui mordit la lèvre, et il répondit en la tirant contre lui d’un mouvement sec. Le choc de leurs corps fit grincer la table.
Ses mains remontèrent le long de son dos, puis revinrent devant. Elles s’arrêtèrent sur sa poitrine. Un instant. Juste assez pour que Clara sente la chaleur de ses paumes, la pression de ses doigts qui se refermaient lentement sur ses seins. Elle ferma les yeux, la tête renversée.
— Théo…
Mais il n’arrêta pas. Ses mains jouaient maintenant avec une assurance presque insolente, caressant, pesant, glissant sur la courbe chaude de sa peau. Clara se cambrait sous ses doigts, cherchant plus de contact, plus de pression.
Alors il la souleva. La table accueillit son dos dans un bruit sourd. Clara écarta les jambes presque malgré elle. Théo se pencha au-dessus d’elle, son regard sombre accroché au sien. Ses mains descendirent. Lentement. Le long de son ventre. Puis plus bas. Clara sentit ses doigts glisser entre ses cuisses, effleurant la peau sensible à l’intérieur. Un frisson violent la traversa. Elle referma instinctivement les jambes… avant de les rouvrir aussitôt.
— Tu vois ce que tu me fais… souffla-t-elle.
Ses doigts s’attardaient là, jouant avec cette zone brûlante, caressant sans vraiment saisir, comme s’il savourait chaque seconde de cette attente. Clara attrapa sa nuque et l’attira vers elle. Leurs bouches se retrouvèrent dans un baiser encore plus affamé. Les doigts de Théo ne s’arrêtèrent pas. Ils exploraient maintenant avec une lenteur insupportable, faisant monter en elle une chaleur presque douloureuse.
Elle se cambra contre lui.
— Arrête de me torturer…
— Tu veux vraiment que j’arrête ?
Elle répondit en le renversant presque.
Le canapé les accueillit dans un désordre de coussins. Clara s’installa sur lui, ses cheveux tombant autour de son visage. Ses mains glissèrent sous sa chemise, griffant légèrement sa peau.
— C’est toi qui m’as cherchée.
Il passa ses mains dans son dos, puis redescendit encore, agrippant ses fesses pour l’attirer contre lui. Le mouvement arracha à Clara un souffle court.
Tout devint plus animal, plus désordonné. Des mains partout. Des baisers volés, repris, mordus. Des corps qui se pressent l’un contre l’autre comme s’ils cherchaient à disparaître dans la chaleur de l’autre. La pièce semblait tourner autour d’eux. Il n’y avait plus que leurs respirations lourdes, leurs mains impatientes, cette tension brûlante qui ne cessait de monter.
Et au milieu de cette tempête lente : Clara. Théo. Et ce désir sauvage qui les dévorait tous les deux.


