Sous les silences
Il dit rien mais dans ses silences, y’a des mondes qui tanguent. Il dit peu, mais quand il aime, c’est à la vie, à la peau, à l’os. Il a l’air fort, c’est vrai, il l’est. Mais dedans, c’est parfois la tempête. Il sourit, et on oublie qu’il a dû se relever plus d’une fois avec des genoux en sang et l’âme en vrac.
Il est beau, c’est ce qu’on dit. Fort, attachant, têtu comme un battement de cœur qui refuse de s’éteindre. Il aime ses enfants comme on aime la lumière : sans condition, sans détour. Il croit encore en la justice, malgré tout. Il cuisine quand ça déborde, il écrit quand ça déborde autrement. C’est un homme de feu qui apprivoise l’eau.
Il dit « je t’aime », pas toujours à voix haute. Il a peur qu’on parte, qu’on oublie. Son passé a des murs sans fenêtres, mais il y a mis des plantes, ouvert une trappe vers le ciel. Il a appris à faire avec les silences, même ceux qui coupent comme du verre. Et quand il s’émerveille, c’est un enfant qui regarde la mer pour la première fois.


