L’instant Akashique
Je ne définirais pas l’Akasha comme une mémoire ou un savoir. Je le vis plutôt comme un espace intérieur de clarté, où le corps sait avant les mots, et où l’on revient à quelque chose de fondamental, sans artifice.
Il y peu, j’ai vécu ma première connexion à l’Akasha. Tout est parti du fait que Laurence et sa meilleure amie doivent animer bientôt une formation akashique. J’avais envie de comprendre cet univers qui est le leur, non pas en théorie, mais de l’intérieur. Malheureusement, ayant déjà des impératifs, je ne pouvais pas assister à la formation. Laurence m’a proposé de me faire vivre l’expérience en dehors du cadre de la formation et de me guider. J’ai accepté.
Avant de commencer, je me suis lavé les mains. En conscience. Un geste simple, mais pas anodin. Comme un seuil. Puis je me suis installé dans la position la plus confortable pour moi. Pas de posture imposée. Juste le corps respecté.
J’ai fermé les yeux et je me suis fié à la voix de Laurence, à ses indications, à ce qu’elle me demandait d’imaginer, de ressentir. Je me suis connecté à la terre et à l’univers, pour être pleinement là. Nous avons ensuite récité ensemble une prière d’ouverture. D’abord à voix haute. Puis deux fois en silence. Et le voyage a commencé.
Presque immédiatement, j’ai ressenti une propulsion. Comme si quelque chose me poussait depuis le sol. Une montée rapide, proche de la sensation d’un ascenseur qui s’élève trop vite, mais sans la peur. C’était une forme de lévitation. Je volais.
Autour de moi, un brouillard sombre. Dense. La sensation était proche de celle que l’on éprouve quand un avion traverse les nuages. Et à côté, une lumière. Minuscule, mais d’une intensité évidente. J’ai su que c’était Laurence. À travers sa voix, elle m’a demandé si je voulais aller plus loin. J’ai répondu oui.
Je me suis alors retrouvé dans une immense plaine. Je marchais pieds nus dans l’herbe. Il faisait clair, doux. Une légère brise passait. Laurence m’a demandé si j’avais une question. J’ai demandé où j’étais et pourquoi j’étais là. Elle m’a répondu que c’était mon espace de sécurité. Un endroit dans lequel je pouvais revenir quand je le souhaiterais.
Je me sentais bien. Serein. Apaisé. En confiance. Mon corps était léger, mais pleinement présent. Il n’y avait pas d’émotion particulière. Juste une évidence. Une question posée, une réponse reçue.
Puis Laurence m’a demandé si je voulais aller plus loin. À ce moment-là, j’ai senti comme des mains invisibles m’attraper par le haut des bras et me tirer. J’ai répondu oui. Nous sommes repartis. De nouveau, le brouillard. Au loin, une éclaircie.
Laurence m’a demandé si j’avais une question. J’ai posé celle-ci, simplement : « Pourquoi cette tristesse en moi, même quand parfois j’ai tout pour être heureux ? ».
Je n’entendais pas de réponse. Alors Laurence a cherché avec moi. Elle m’a guidé. Et j’ai compris. Cette tristesse venait de l’enfance. De cet enfant que j’étais.
Je l’ai vu. Il était là, debout, devant moi. Il était.triste. Profondément. Je me suis reconnu immédiatement. Exactement comme sur une photo que je montrerais plus tard à Laurence.
Je me suis approché de lui. Je l’ai pris dans mes bras. Je lui ai dit qu’il pouvait déposer cette tristesse. Qu’il n’en avait plus besoin. Je lui ai murmuré à l’oreille qu’il n’était pas responsable. Que les erreurs de l’enfant ne sont souvent que les défaillances des parents. Je lui ai dit que tout irait bien. Des larmes ont coulé sur mes joues. Lui me regardait en souriant. Puis j’ai vu Laurence, debout à côté de lui. Elle lui tenait la main. Je les ai vus s’éloigner ensemble.
Laurence m’a alors ramené. J’ai ouvert les yeux. Elle m’a demandé comment je me sentais. J’ai pris le temps de revenir pleinement, de mettre des mots simples sur ce qui venait de se passer. Puis nous avons récité ensemble une prière de clôture. Pour refermer. Pour remercier. Pour revenir entier.
J’ai remerciée Laurence. De m’avoir fait vivre cette première connexion. Je lui ai dit que d’autres personnes, avant elle, avaient tenté de me faire vivre des expériences plus ou moins mystiques. Que je n’y avais jamais donné suite. Pas par rejet, mais parce que quelque chose en moi ne disait pas oui.
Avec elle, c’était différent.
Je me sentais en pleine confiance. Suffisamment pour lui donner l’autorisation de me guider.
Elle m’a remercié pour cette confiance.
Pour l’honneur que je lui faisais.
Il n’y a rien à interpréter.
Rien à enjoliver.
Juste un instant de conscience.
Un instant akashique.


