Ce vide qui mord
Je ne saurais te l’expliquer. C’est là, simplement. Une absence qui ne se nomme pas, un creux qui ne se comble jamais.
Certains jours, c’est une brume légère au fond de la gorge. D’autres, un gouffre béant au milieu du ventre. Ça ne crie pas, non. Mais ça tire. Ça use. Ça ronge doucement, comme l’eau contre la pierre.
Il y a cette sensation étrange… que quelque chose m’a été arraché sans que je comprenne quoi. Comme si une part de moi s’était détachée un soir sans prévenir, emportant avec elle la chaleur, la paix, le souffle tranquille. Et depuis, je cherche. En vain. Je tends les bras vers le vide, vers l’écho d’un murmure qui ne revient pas.
Ce n’est pas un chagrin clair. Ce n’est pas une blessure nette. C’est une faim qui ne trouve jamais sa table. Une soif à laquelle on retire toujours le verre au dernier moment.
Je vis. Bien sûr. Je ris, je parle, je fais semblant d’oublier. Mais dedans… dedans, ça appelle. Ça aspire. Et chaque jour, un peu plus fort. Comme si le manque avait sa propre langue. Son propre battement.
Je voudrais pouvoir dire que ça s’atténue avec le temps. Mais ce serait mentir. Le vide, lui, apprend à se faire discret. Pas à disparaître.
Alors je continue. À avancer avec ça. À aimer malgré ça. À espérer, parfois, que quelqu’un comprenne. Qu’un jour, peut-être, une présence vienne enfin faire taire l’absence.
Ou au moins l’apprivoiser.


